Témoignage de Lise, qui a perdu la garde de ses enfants au profit de son mari violent et très influent

Témoignage de Lise, qui a perdu la garde de ses enfants au profit de son mari violent et très influent

Témoignage de Lise, qui a perdu la garde de ses enfants au profit de son mari violent et très influent

Lise connait Paulo depuis très longtemps.

Elle le rencontre parfois aux réunions familiales. Il a 10 ans de plus qu’elle, semble gentil, cultivé. Elle est en confiance. A l’aube de ses 30 ans, en 2008, elle entame avec Paulo une relation à distance. Ils sont amoureux, tout parait idyllique. Ils finissent par s’installer ensemble. Elle tombe rapidement enceinte alors ils décident de se marier en novembre 2009. Leur fils William arrive en juillet 2010. Hélas, le comportement de Paulo a changé un peu avant. Celui-ci est de plus en plus acariâtre, voire agressif. A la naissance de William, il lui dit qu’il a autre chose à faire que de venir à la maternité : « tu prends mon temps ». Lise met cela sur le compte de l’arrivée de leur enfant et de son côté vieux garçon.

Paulo ne supporte pas les pleurs de son fils, il le secoue pour le « calmer ».

Les dénigrements deviennent systématiques, Lise est la pire mère et la pire femme possible. Lise qui découvre les difficultés de la maternité n’est pas loin de penser pareil. Devant les autres, Paulo change les couches. A la maison, c’est un tyran toxique. Quand il va trop loin, il s’excuse, laisse passer quelques jours puis relance la roue de la violence psychologique. D’un commun accord, en septembre 2012, ils décident de déménager pour se rapprocher de la famille de Lise. Paulo n’obtiendra sa mutation au cabinet de préfet qu’un an plus tard. Lise apprécie ses absences qui l’apaisent. Chaque fois qu’il rentre, il est très énervé et multiplie les violences verbales et psychologiques.

En janvier 2013, il agresse physiquement Lise en l’étranglant avec ses mains et menace de la tuer.

Lise porte plainte mais elle est reçue plus que fraichement par la police qui réalise que Paulo « est de la maison »: « C’est embêtant, il ne vous a pas frappé, il n’y a pas de traces ». Paulo s’excuse (par écrit): « je suis désolé… je vais aller voir un psychologue ». Tout le monde la fait culpabiliser, la famille, le commissariat… Elle retourne au domicile, et effectivement son mari s’apaise 3 mois. Alors Lise retire sa plainte et accepte le projet d’un second enfant. Gisèle nait en mai 2014. Rien ne change. Paulo s’installe à la cave, où il peut boire à loisir, du matin au soir. Son agressivité monte encore d’un cran, il jette et casse des objets, il met la maison à sac.

En octobre 2014, alors qu’elle s’est réfugiée sur son balcon car Paulo est en train de tout casser dans la maison,

Lise prend la décision d’alerter ses voisins qui contactent la police. Quand les policiers arrivent, Paulo leur explique qu’il travaille avec le préfet. Malgré l’état de la maison, l’ébriété de Paulo, le témoignage des voisins et celui apeuré du fils, les policiers disent qu’ils n’ont pas assez de preuves. Néanmoins, ils contactent un médecin (qui, lui, confirme le problème psychologique du mari) et enjoignent Lise de partir du domicile. Lise fait ses valises très rapidement, emmène ses enfants chez ses parents et dépose une main courante à Angoulême afin de ne pas être accusée d’abandon de domicile. Cette fois-ci des policiers bien formés la prennent en charge. L’association SOS violence conjugales de Brive est aussi d’une aide précieuse.

On la convainc de rassembler des preuves et de porter plainte.

Enregistrements audio des menaces de mort, mails, textos, témoignages de l’ancienne compagne de Paulo ou de collègues… Toutes les preuves sont analysées et authentifiées.

Lise réalise qu’elle figure bien dans les statistiques des femmes victimes de violences conjugales. Elle obtient un ITT de 10 jours. Un pédopsychiatre atteste du stress post traumatique de William, accompagné de souvenirs de violence importants. L’avocat demande une ordonnance de protection. Pourtant, à l’audience, on lui dit que « le dossier a disparu ». Lise réalise que son mari a le bras long. Par chance, le brigadier (qui confirme les pressions) a un double du dossier. L’ordonnance de protection est accordée en janvier 2015 (il y est inscrit que William a assisté aux violences).

Paulo n’a le droit qu’à des visites médiatisées (lieu neutre), sans autorisation de sortie.

Aux violences psychologiques, à la culpabilité de Lise, se rajoute la violence économique qu’on oublie souvent. Le coût de ces démarches juridiques est très important (25000€ depuis la première plainte). Le procureur porte la plainte au pénal. Paulo est condamné à 3 mois de prison avec sursis en août 2015 mais obtient une exclusion sur son casier judiciaire. Pendant 3 ans, il voit ses enfants un samedi sur deux pendant 2h. Il n’entreprend aucun accompagnement psychologique et reste agressif. La lenteur des procédures de protection est une autre forme de souffrance. La JAF en 2015 ordonne un bilan psycho social qui aura lieu en 2016… Et à partir de là, tout va se retourner contre Lise.

Le psychologue (imposé) est déplorable, paternaliste, l’assistante sociale d’un autre temps prône les punitions…

Suite à leurs rapports, la JAF décide de mettre en place une AEMO. L’éducatrice qui gère leur famille trouve le papa « structurant » en costume cravate et parfaitement apte à récupérer ses droits. Grâce à eux, Paulo a l’autorisation d’avoir ses enfants une semaine. Dès le premier jour, il s’agace et prive William de repas. Le second, Lise réalise que son fils a des traces de violence sur le cou. Son père confirme s’être énervé et avoir serré son garçon au cou car celui-ci aurait tapé sa sœur. Ces traces sont attestées par l’hôpital. William obtient 8 jours d’ITT. La police les constate aussi. Lise prévient qu’elle ne redonnera pas les enfants à leur papa et porte plainte. Celle-ci sera classée sans suite pour « faits insuffisamment caractérisés » !

Lise se fait convoquer fin 2018 et là, horreur, la juge décide de lui retirer totalement la garde des enfants.

Elle ne reverra pas ses enfants hors du lieu médiatisé avant mars 2019 ! Lise fait appel et reperd (jugement précédent conforté). Aucune trace dans son dossier du témoignage du psy qui atteste pourtant de sa bienveillance maternelle ni de celui de l’école qui alerte du comportement traumatique de William. Lise se bat pour la réouverture de la plainte au procureur général qui répond au bout d’un an et demi (en novembre 2020) que le dossier est (encore) perdu. Habituée, l’avocate renvoie une copie… Le procureur finit par répondre à nouveau 6 mois plus tard, qu’il ne prendra pas le dossier pour insuffisance de preuves… Tout le parcours judiciaire de Lise est empêché par l’influence de son mari.

Aujourd’hui, la situation de Lise est catastrophique.

Malgré la demande explicitement formulée de ses enfants d’être en garde alternée, elle a reçu l’arrêt fin janvier : la garde est maintenue chez le père. C’est son mari qui a été inculpé de violence mais le soupçon d’aliénation semble pire. En prime, Lise est condamnée à verser 800 € pour procédure abusive… Exténuée, traumatisée, sans espoir, au bout de ses finances, Lise pense quand même se pourvoir en cassation. Une autre piste est le jugement de son divorce pour violence où peut-être, les preuves balayées par les précédents juges pourront être entendues, accompagnées d’autres éléments plus récents.

Partagez son témoignage pour le médiatiser. La pression ne doit plus peser sur les victimes.

Vous pouvez lire le Manifeste de l’association ici.

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Protéger l'enfant

1 commentaire pour l’instant

Laure VAZQUEZ Publié le11h36 - 21 mars 2025

Bonjour,
Je vis d’une certaine manière la même situation: un mari qui pête les plombs, 2 ans à se demander de quelle humeur il va rentrer, à implorer les enfants (2-8 et 10 ans) avant le retour de leur père pour qu’ils soient sage, les comptes bancaires qui se vident, les dettes, les humiliations, la violence qui s’installe progressivement… En novembre 2019 je porte plainte. Monsieur est PDG de son entreprise il avoue mais explique que c’était une seule fois. La juge présente l’affaire comme une femme vénale qui ne voulait pas que son mari la quitte. mon ex me présente comme une histérique. Son seul objectif a l’audience est de ne pas avoir de casier pour pouvoir continuer à travailler aux états unis. Ma souffrance est totallement ignorée. Je n’ai pas le droit de parler à cette audience.
Le JAF juge que Monsieur n’a pas eu un comportement de père de famille responsable, il n’a des droits de visites que les week end et j’obtiens une pension conséquente. J’avais également fait attester une conversation téléphonique ou il me dit « mon plaisir c’est de te faire du mal et je continuerais a te faire du mal, je pourrais braquer une banque tuer quelqun ».
Dès 2020 il saisi le juge des enfants disant que je les matraite, le juge des enfants constate un conflit parental très fort et ordonne une mesure d’AEMO.
La situation se normalise. Coté JAF il obtient les vacances scolaires. Il ne demande de toute facon pas la garde.
En 2022 ma grande rentre dans l’adolescence, elle et son père ont une relation particulière, bizarre, avec un père qui joue beaucoup de son complexe d’electre. Il avive les tensions, les conflits avec mon ado. Il demande la garde…. pour la mettre dans un internat. Je refuse. Le JAF me donne raison. Mais il continue ses accusation chez le juge des enfants. Celle ci se met en place très doucement au bout de 2 ans. Nous aurons 3 assistantes sociales différentes en 3 ans. On m’explique que c’est moi qui ait un problème que je dois oublier notre vie commune, aller de l’avant dans ce nouveau couple parental… Lui continue a m’accuser, arrive même a avoir des attestations: je prive mes enfants de nourriture. Ma fille ainée 13 ans à l’époque m’avait volé 300 euros, j’avais averti son père en lui envoyant des copies des tickets de caisses retrouvés dans sa chambre: des vetements, des chips des bonbons… Elle /lui, expliquerons qu’elle a volé pour se nourrir…
La mesure d’AEMO est poursuivie. Les relations s’apaisent avec ma fille ainée, autant qu’elles peuvent s’apaiser avec une ado sous la pression du sport à haut niveau. Le père ne demande toujours pas la garde, enfin que de la grande pour la mettre dans un internat.
Nouvelle audience chez le juge des enfants en mai 2024, je découvre que cette fois il a porté plainte, j’aurais frappé ma fille. il aurait appelé la police. Ma fille 15 ans alors explique au juge des enfants, dans un moment de rage elle m’a arraché ma bouvcle d’oreille, je me suis défendue. J’explique les tensions alimentées par son père qui lui dit de ne pas réviser son brevet, l’incite à le voir en cachette, la felicite quand elle reussi à recuperer son portable confisqué en prétendant faire des devoirs avec mais qu’elle fait autre chose. Il fournis un SMS sorti de son contexte: je l’avais alerté car ma 2è fille 13 ans avait seché des cours. Il en extrapole un conflit massif inexistant. J’explique à la juge: je suis lasse et fatiguée, j’élève 2 ados, les faits sont déformés exagérés, cela fait 5 ans qu’il dit que je maltraite les enfants mais ne demande pas la garde.
La juge décide: les 3 enfants sont placés chez leur père à compter de septembre (soit 3 mois après! ce qui montre que personne ne croie aux maltraitances!). « Vous verrez bien monsieur ce que c’est! Madame vous pourrez vous reposer! » Dans la décision ecrite elle explique que les enfants sont en danger du fait du conflit massif entre les parents. C’est un cataclysme. Ma plus petite à 7 ans, Elle en avait 2 quand son père a quitté la maison. Il habite à 150km,.
Je propose une médiation pour éviter le pire: il me repond très manipulateur: « d’accord pour une médiation mais en septembre »…
Notre famille recomposée depuis 5 ans avec un petit frère qui avait 6 mois lorsqu’il est arrivé, vole en éclat. Le père scolarise les 2 petites chez lui, et met la grande en collocation dans un appart à coté de chez moi pour la poursuite de son sport. Etonnament, dans cette situation, alors que ma 2è fille exprime très clairement son sopuhait de revenir à la maison, explique qu’elle st mal à l’aise avec la facon dont sa petite soeur est traité par la belle mere, .. les juges des enfants confirme le placement en appel. j’en suis là. J’ai un dernier espoir avec le JAF mais Monsieur présente bien a le bras long. Maintenant il me’accuse d’être suicvidaire. Les services sociaux ne sont d’aucun soutien, tout leur sembnle normal. Les enfants vont bien… (et oui ils adoptent des stratégie de protection et de survie!) mais quand même il faut vraiment que les 3 aient un suivi psy! ma 2è fille est harcelé dans son nouveau college, la grande est seule sans suivie scolaire et medical pour son sport, elle na va presque plus à l’école… mais tout va bien….
Mon dernier espoir est de tomber sur un JAF censé qui lise rellement le dossier. Il y a de grosses incohérences dans le jugement d’appel du juge des enfants qui montrent qu’il n’ont pas lu le dossier (ex tout bête, une de mes filles est en zone scolaire C et les autres en B mais on me donne la garde pendant la 2è semaine des vacances scolaires… donc pas de vacances en commun)
je continue à me battre, j’élève la moitié du temps un enfant qui n’est pas le mien. j’ai fournis une trentaine d’attestation, des vosiins, parents des amis de mes enfants, enseignants, de ma famille. Je demande à l’assistante sociale si elle va au moins exprimer dans son rapport que le placement n’était pas justifié. Elle me dit ce n’était pas moi qui était en charge du dossier, il n’y a pas eu d’enquêtre. Oui il n’y a pas eu d’enquête….
J’ai peur, les JAF sont frileux à bouger les enfants. Comment le juge qui a ordonné le placement en premiere instance peut-il revenir sur sa décision?
Le pompon de l’histoire c’est qu’au final Monsieur prétend habiter à Troyes, mais il travaille à Clermont Ferrand. Il explique qu’il va la moitié du temps voir la grande à Paris… Les enfants sont balladés… J’ai fait preuve d’ouverture proposant en appel au jude des enfants de recuperer la garde et que monsieur puisse voir les enfants du mardi soir au jeudi matin puisqu’il explique qu’il vient à Paris pour la grande. RIEN .

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